Judiciaire : L’avocate Schaerbeekoise Sevda Karsikaya se défend bec et ongles pour le turc Kenan B.

Malheureusement, il est de nos jours assez compliqué de trouver une information dans laquelle le mérite revient grandement à une personne issue des rangs de la communauté turque.

Cette affirmation n’enlève évidemment rien au fait que l’avocate Karsikaya entreprend ses affaires judiciaires avec une méticulosité impartiale par rapport à l’origine de sa clientèle.

Toujours est-il qu’une affaire judiciaire belge paradoxalement passée inaperçue dans la presse francophone en est l’exemple-type.

En effet, cette affaire, qui représente en réalité un curseur de réussite en faveur de la communauté turque trop facilement en proie à des quiproquos simplistes, vaut clairement son pesant de recherches.

Après donc quelques investigations et informations prises auprès de l’avocate Sevda Karsikaya au sujet de l’affaire « Milena Raycheva », nous pouvons affirmer la remise en liberté sous caution de Kenan B. par la Chambre des mises en accusation de Gand qui confirme la décision de la Chambre du Conseil de Bruges.

Afin de mettre l’église au milieu du village, un résumé dans les grandes lignes de l’affaire en cible est souhaité. Il s’agit de l’affaire « Milena Raycheva ».

Cette jeune femme de 26 ans née en 1984 à Shumen en Bulgarie et d’appartenance tzigane a été retrouvée morte le 17 août 2010 dans les dunes de Zeebruges. Jusque-là, on peut faire abstraction de toute effervescence autours du dossier que l’on pourrait classer dans la rubrique « faits-divers ». Sauf que dans le cas qui n’occupe, un ressortissant turc de Rotterdam est mis en cause sans demi-mesure.

Les polices judiciaires de plusieurs pays (Bulgarie, Pays-Bas et Belgique) enquêtant à l’unisson ont retracé chronologiquement la vie menée par cette femme avant sa mort.

Les pistes ont conduit, sans plus de curiosité, à Kenan B. (de Rotterdam) qui était le petit ami de Milena Raycheva.

Kenan B. a toujours nié les faits d’un quelconque assassinat de sa petite amie qu’il aimait.

Par ailleurs, même des tests ADN de cheveux retrouvés sur le corps repêché sur les dunes n’appartenaient pas à Kenan B. En sus, les témoignages de la famille Raycheva n’ont jamais été à charge de l’accusé Kenan B.

C’est à ce moment bien précis que, l’avocate Karsikaya plaide dans le sens d’une libération de son client en déclarant que : « Après deux ans de détention, il n’y a toujours pas d’éléments matériels contre mon client. Je ne vois donc aucune raison de le garder plus longtemps en prison ».

Par fautes de preuves évidentes et sans aucun autre moyen d’accabler un accusé présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, la justice belge se devait d’accéder à la demande de l’avocate qui n’a laissé aucune brèche quant à l’issue de ce procès.

Enfin, une petite information d’ordre juridique s’impose pour les novices.

Ainsi, il est bon de savoir que : « La chambre du conseil intervient uniquement au niveau de l’instruction. A la fin de celle-ci, la chambre du conseil décide s’il y a suffisamment d’indices de culpabilité d’un suspect dans une enquête pénale. S’il y a suffisamment d’indices, la chambre du conseil décide que le suspect sera cité à comparaître devant le tribunal correctionnel. Si ce n’est pas le cas, la chambre du conseil prononce un non-lieu à l’égard du suspect.

La chambre du conseil décide également tous les mois si un suspect doit rester en détention préventive ou s’il peut être libéré, sous conditions ou non. Elle statue également sur les demandes d’internement et les demandes de mise en liberté dans le cadre d’une procédure d’extradition.

La personne qui n’est pas d’accord avec la décision de la chambre du conseil peut aller en appel devant la chambre des mises en accusation, qui est une chambre de la cour d’appel. Pour les délits les plus graves (par exemple, le meurtre ou le viol), la chambre des mises en accusation décide si le suspect sera renvoyé ou non devant la cour d’assises. »

Erkan Ozdemir / La Manchette

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