Schaerbeek : Bernard Clerfayt sans langue de bois (cadastre, courrier des façades, zone 30 …)

Zone 30 ?

Il s’agit donc d’une volonté politique partagée par l’ensemble des partis du conseil communal même par ceux qui, aujourd’hui, retournent leur veste devant la population. Tout le monde a voté la dizaine de mesures du « plan de la sécurité routière ». L’une de ces mesures est la mise en zone 30 de toutes les voiries secondaires à Schaerbeek (voiries habitées, crèches et écoles) et le maintien à 50 des voiries principales.

La loi prévoit que c’est déjà 50 km/h en ville, et donc les voiries secondaires (90% des territoires) seront à 30. Et en Belgique, la structuration des vitesses, c’est 30 et 50.

Dans tous les quartiers, on me dit que les voitures vont trop vite, les mamans, les personnes âgées.

Mais chacun veut 30 dans leur rue, mais dans la rue des autres aussi c’est 30.

Etterbeek a 80 % de ses voiries à 30 avec un bourgmestre de majorité libérale-socialiste, Bruxelles-Ville est en train de le décider pour Laeken, Ixelles l’a décidé pour la moitié de son territoire avec une majorité libérale-socialiste aussi.

Donc, les communes ont une autonomie pour décider de la vitesse locale. Il faut aussi savoir qu’il y avait déjà 50% du territoire qui était déjà en zone 30 et il y avait des tronçons de quartiers avec des écoles à 30 et puis 50, au bout d’un moment c’était donc illisible pour les gens. Autant mettre tout à 30 ! Les prochaines étapes sont la signalisation, prévention, information et répression. A partir du mois de janvier, on fera des PV d’infraction.

On a déjà inauguré un radar tronçon avec Mde Debaets au boulevard Léopold 3. Je précise qu’il s’agit d’un boulevard dans le haut de Schaerbeek. La police est en train de faire un plan d’intervention. Elle a donc choisi les zones les plus accidentogènes et les rues où il y a le plus d’excès de vitesse de manière objective afin d’apaiser la circulation.

Y a-t-il un bas de Schaerbeek boudé par rapport au haut ?

Le nombre de gens dans les quartiers populaires qui n’ont pas de voiture est plus élevé qu’ailleurs. On est fatalement plus attentif aux gens qui n’ont pas de voiture, qui roulent en vélo ou qui prennent plus le tram que les gens des quartiers plus aisés qui ont des voitures.

Etes-vous le bourgmestre des « Bobo » ?

Rien n’est plus faux. Depuis un siècle, aucun bourgmestre n’a investi à Schaerbeek autant que moi !

J’ai déjà fait 12 programmes de contrats de quartiers populaires. 200 millions d’investissement dans les quartiers pauvres, depuis je suis échevin de l’urbanisation et de la rénovation ou bourgmestre, j’ai créé 4 ou 5 parcs publics et pas dans le haut mais dans le bas (parc Gaucheret, parc Lacroix, parc Reine-Verte, parc Rasquinet,…) et j’en veux encore crée 5 en plus.

Problème du stationnement à Schaerbeek ?

On a fait un comptage précis sur base d’une ordonnance puis une circulaire. Il fallait signaler à l’agence parking.brussels sous la direction de Pascal Smet (spa) les mesures des places de parking que l’on supprime ou que l’on créé. Nous sommes la seule commune qui a fait le travail. Depuis 2014, nous avons à 1030 transformé 92 places de parkings privés pour mettre des parkings Vilo, des N-car, des voitures partagées etc. Nous avons supprimé 155 places de parking et créé 101 places de parkings (par exemple, avenue du Suffrage Universel, les parkings en épi). Nous avons donc 54 places de parking supprimés dans l’espace public sur tout le territoire schaerbeekois, donc environs 25.000 places. Le problème ne se pose donc pas par rapport à la proportionnalité.

Mais dans le même temps, nous avons initié de manière pionnière le système des parkings des entreprises et commerces qui sont fermés le soir et week-end et par une politique d’incitants fiscaux en disant que s’ils ouvraient leur parking le soir pour les riverains. Donc depuis 2014, on a 951 places disponibles pour les riverains afin de garer leur véhicule le soir. Attention, ces places sont pour la majeure partie déjà occupé donc répond forcément à un besoin. Je suis moi-même sur liste d’attente.

Quand je suis devenu bourgmestre en 2001, il y avait 110.000 habitants à Schaerbeek. Depuis cette année, on a ni augmenté des rues, ni supprimé des rues. Par contre, la population a augmenté jusqu’à 135.000 habitants. 25.000 habitants de plus, cela fait 15.000 familles donc jusqu’à 6.000 voitures en plus. Le problème c’est donc la hausse de la demande et pas l’offre liée à l’autorité publique. Parmi cette hausse, il y a 3.000 primo-arrivants sinon le reste est des jeunes ménages « bobo » qui viennent habiter autours du parc etc.Donc, Schaerbeek doit se diriger vers la création de métro qui est calqué sur un horizon 2025 mais c’est la Région et « Beliris » qui trainent donc nous poussons au maximum pour l’avoir au plus vite. Mais n’oublions pas que l’augmentation de densité de la population dans les quartiers a un impact en termes de problèmes mis sur la table à Schaerbeek.

Ma fille a 22 ans et elle ne passe pas son permis car elle décide de prendre les transports en commun à cause de justement ce manque de place.

Pour finir, tous les 2 ans, la police fait une enquête sur le sentiment d’insécurité pour vérifier si ce que les gens disent, perçoivent correspond aux chiffres de criminalité objective que nous avons. Donc on compare la criminalité subjective à celle objective. La violence routière et la malpropreté dans les quartiers. Ce seront là qu’on va s’attarder les prochaines années.

On m’a déjà surnommé le bourgmestre des arabes !

Mon combat politique est justement le contraire de Roger Nols qui disant : « Tout pour le haut, rien pour bas » ! Au début de ma carrière politique, quand j’ai commencé à transformer tout le quartier Stephenson, à la place Dailly (le haut), on me surnommait : « le bourgmestre des arabes ». Je suis pour tout le monde. Mais il y a des vérités qui sont implacables. L’avenue Cambier où les trottoirs sont plus grands.

Embellissements des façades : pourquoi les courriers ont été envoyés à 1030 et pas à 1210 ?

Il existe depuis 20 ans à la Région bruxelloise, des primes à la rénovation des façades. Schaerbeek est la commune qui utilise le plus d’ailleurs cette prime à la rénovation. Jadis, j’ai crée l’asbl RenovaS que j’ai créé, il y a maintenant 20 ans qui encourage les ménages à faire des travaux de rénovation chez eux parfois jusqu’à 70% du prix des travaux.

Mais il y a des situations où des maisons sont lépreuses. Donc, on a crée une taxe dissuasive qui frappera celui qui n’est capable de nous prouver qu’il a une dignité minimale à l’égard et d’entretenir sa façade. Ce que l’on voudrait que l’argent qu’il dépense pour faire sa façade. Il nous répond : Ok je vais la faire l’année qui vient. Bingo, Ok, on ne donne pas l’argent à la commune. Mais la façade doit correspondre au lissage du quartier. Dans 90% des cas, cela fonctionne bien mais 10% qui râlent. Par exemple, une petite vieille toute seule de 85 ans, mais soyons clairs, elle est responsable de sa maison parce qu’elle est âgée et sans le sous mais elle est toujours responsable à l’égard des tiers.

Lien avec le cadastre ?

J’ai été secrétaire d’Etat adjoint au ministère des finances donc j’avais la tutelle sur le service du cadastre. Quand on rénove un bien, quand on le remet à l’état originel, quand on remplace sa toiture tous les 50 ans, les châssis, la chaudière, rénovation de la façade, on remet le bien à l’état d’origine. Ceci n’est donc pas considéré comme étant une amélioration des fonctions intrinsèques de la maison. Elle n’est pas devenue plus grande ! Sa valeur locative reste formellement la même. Donc, il n’y a pas de révision du cadastre.

Il n’y a de révision du cadastre que si on augmente la taille de sa maison. Si par exemple, dans le grenier on fait 1 chambre voire 2 alors on augmente la capacité intrinsèque de la maison. La valeur de la maison augmente donc avec une augmentation de la valeur cadastrale de la maison et il faut le signaler, c’est la loi. Le ministère des finances remettra un nouveau rôle cadastral mais si on restaure les châssis, il n’y a pas d’augmentation.

Augmentation du revenu cadastral pourquoi a-t-il alors été augmenté ?

En 2016, le précompte immobilier a augmenté de 11 à 12% partout à Bruxelles par une décision régionale. Donc, la Région a fait un tax shift qui a fait en sorte d’augmenter le précompte de 12% en échange de diminution d’autres impôts. 1% de moins sur les centimes additionnels des impôts sur les revenus prélevés par l’agglomération de Bruxelles => supprimé. 0,5 des impôts sur les revenus prélevés par la Région => supprimé. Il y a aussi la suppression de la taxe « poubelle » de 89 euro.

La prime « Be-Home » Schaerbeek donne 30 euro de plus !

Et pour les ménages propriétaires, la prime « Be-Home de 120 euro de la Région et Schaerbeek est la seule commune qui a rajouté 30 euro de plus à la prime « Be-Home ». Ce qui fait 150 euro de prime « Be-Home » à Schaerbeek.

On a aussi baissé l’impôt des personnes physiques. Sur la législature, on est passé de 6.8 à 5.8. Schaerbeek est la commune qui a le taux des impôts communaux sur le revenu du travail le plus bas (Uccle et Woluwe-st-Lambert) qui sont à 5.7. On est donc dans le trio de tête.

Pour faire simple, ont augmenté les taxes sur les immeubles mais a été réduit la taxe que paie les ménages.

Solidarité des taxes « Bureaux » et « Hôtels » avec St-Josse refusée par la Région !

Par rapport à Saint-Josse, j’ai une petite critique sur la commune de St-Josse. La Région bruxelloise n’organise pas de solidarité par rapport aux taxes « Bureaux » et « hôtels » de St-Josse. Elle organise une solidarité entre communes riches et pauvres sur base précompte immobilier et sur base de l’impôt sur le revenu. Raison pour laquelle Schaerbeek une dotation complémentaire parce que nous avons de faibles recettes en précomptes et en revenus. Mais la Région n’organise pas de solidarité sur les recettes des hôtels et des bureaux.

En région bruxelloise, 75% des surfaces de bureaux sont situées sur deux communes : 1000 et 1210. 66% à Bruxelles-Ville et 9% à St-Josse. Mais je plaide pour que ce soit mis en solidarité.

La malpropreté à Schaerbeek

L’article de Test-Achat n’est certainement pas lié à la couleur politique du bourgmestre. En effet, parmi les communes citées, il y a un socialiste, un libéral et un Défi.

Mais c’est plutôt lié à la nature des quartiers que Test-Achat a visités.

La méthode utilisée par Test-Achat est assez simple : on est allé deux fois sur la même place publique pour voir si deux fois c’était sale.

Ils ne disent pas quelle place publique. S’ils sont venus deux fois à la Place Liedts et Gare du Nord, mais c’est pas la commune qui nettoie la place Liedts et la gare du Nord, c’est la région donc Fadila Laanan qui nettoie ces deux cibles.

Donc, je n’ai aucune information quant à la place visitée donc je ne peux pas y remédier.

Ce n’est pas les équipes de propreté qui posent problèmes mais il s’agit d’un problème de civisme.

Nos quartiers sont balayées plus souvent qu’à St-Josse !

Chez nous, à Schaerbeek, les rues sont balayées plus souvent qu’à Saint-Josse. Chez nous, notre service « Propreté Publique » forme les services de la Ville de Bruxelles tellement notre service est performant. Pour les opérations « trash », nous sommes la première commune a initié ce projet depuis 1999. Molenbeek est venu copier chez nous et même Versailles est venu voir chez nous pour étudier notre méthode de travail.

Place Liedts, Gare du Nord, Place de la Reine, chaussée d’Haecht sont des quartiers que la Région doit nettoyer. Il y a donc clairement un problème de concertation.

Ce problème est-il politique ? Agence Bruxelles-Propreté rouge et Schaerbeek Amarante ?

Il n’est pas principalement politique. J’ose croire que Madame Laanan veut la propreté partout à Bruxelles. C’est politique dans le sens où il y avait un accord politique avant la 6ème réforme de l’Etat pour dire qu’il faut un et un seul service de balayage communal. Donc, de casser les complexités entre les deux niveaux politiques et la question s’était alors posée : où est-ce que l’on peut améliorer la propreté publique.

Par exemple, en ayant plus deux services publics différents qui font le balayage d’une certaine portion du territoire de chaque commune. Donc, l’accord disait que les balayeurs de rues de Bruxelles-Propreté doivent être renvoyés commune par commune dans les services communaux.

L’Agence de Bruxelles Propreté (ABP) continuera à payer leur salaire mais les équipes seront conduites, gérées sur le terrain par une seule unité de commandement. Actuellement, il y a donc deux unités de commandements : chef par secteur de l’abp qui fait ses petits morceaux et le chef de Schaerbeek qui fait des petits morceaux.

Donc, quand tu as deux armées sur un même terrain de guerre, il y a des problèmes de coordination. Le problème est politique aussi parce que les syndicats ont bloqués cet accord parce que les syndicats ont une force d’impact très forte à l’ABP et leur pouvoir de négociation leur permettent de bloquer diverses choses sur leurs heures de travail, l’obligation de résultat, les rémunérations. Donc, tous les syndicats ont bloqués le fait d’éclater le personnel de l’ABP où les syndicats sont très forts, on les envoie donc dans les 19 communes où les syndicats sont très faibles et d’être en outre dirigé par les directeurs communaux des services de propreté publique.

Il y a aussi un autre problème : un balayeur de Bruxelles-Propreté est payé beaucoup plus qu’un balayeur de rue communale. Au niveau communal, il y a un monitoring beaucoup plus sérieux quant au travail réalisé par les balayeurs communaux.

E O / La Manchette

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