Fédération Islamique de Belgique : « Le Turkestan Oriental, une honte de la Chine ! »

Chères soeurs et chers frères !

Nous sommes aujourd’hui réunis pour protester contre la violation constante et à échelle des droits de l’Homme dans la province chinoise du Xinjiang aussi connue sous le nom de Turkestan Oriental. Nous sommes ici pour attirer l’attention du monde entier sur la limitation drastique de la liberté religieuse et les soi-disant camps de rééducation dont est victime la population du Turkestan Oriental, en particulier l’ethnie musulmane ouïghoure.

Le monde entier connaît à présent les restrictions en matière de liberté religieuse et sait que des millions d’ouïghours ont été envoyés contre leur gré dans ces camps de rééducation.

Les enfants et les fonctionnaires ouïghours ont l’interdiction d’aller à la mosquée ou bien même de prier chez eux. Il est interdit d’ouvrir une mosquée près d’une école et les fonctionnaires n’ont pas le droit de jeûner pendant le mois de Ramadan.

Une politique d’assimilation à la culture chinoise est même mise en place en installant un ou plusieurs individus d’ascendance chinoise dans chaque famille ouïghoure sous couvert de projet de fraternité et de rapprochement familial entre chinois et ouighour, en obligeant ces derniers à vivre selon les traditions et le mode de vie chinois. Le fait de commencer le repas au nom de Dieu, de ne pas consommer d’alcool, de porter le voile ou bien, pour une femme, d’être incommodée par la présence d’un homme étranger dans sa maison, qui sont autant de traits propres à la culture musulmane, sont considérés en opposition avec les valeurs chinoises. Quant à ceux qui osent s’opposer à cette oppression, c’est la prison qui les attend. En effet, ses éducateurs chinois infiltrés et installés dans les maisons ouïghoures ont pour ordre de signaler à la police toute opposition à ces mesures.

Quant aux « camps de rééducation » dans lesquels sont envoyés de force des millions de musulmans, ils ont pour but d’inculquer à ces derniers l’idéologie du Parti Communiste Chinois. Les détenus musulmans qui refusent l’humiliation de leur religion sont torturés.

Nous sommes sans nouvelles de milliers d’ouïghours emmenés par la police après avoir été dénoncés. Leurs proches qui se rendent au commissariat pour se renseigner sur leur sort sont eux-mêmes susceptibles d’être enfermés. Les avocats chargés d’assurer la défense de ces détenus n’ont eux-mêmes aucune garantie légale de ne pas être emprisonnés. Les tortures en détention sont par ailleurs systématiques.

Toute forme de manifestation collective en réaction à ces pratiques injustes est considérée comme une révolte et un trouble à l’ordre public. Quant à ceux qui participent à ces manifestations, ils sont tout simplement condamnés à mort. Les ouïghours sont par ailleurs privés de toute liberté de circulation et de déplacement et sont soumis à un système de contrôle très stricte par code barre et reconnaissance faciale.

Les personnes qui pratiquent leur religion ou qui font l’objet d’un signalement sont accusées de terrorisme, d’espionnage ou de provocation et peuvent être condamnées à mort.

Ces mesures consistent en une violation flagrante et systématique des droits humains fondamentaux. Nous exigeons du gouvernement chinois qu’il respecte les droits essentiels des ouïghours. Pour cela nous demandons sans délai :

– Que la liberté de religion et de conscience soient garanties ;

– Que toutes les mesures restrictives en matière de pratique et d’enseignement de

la religion soient levées ;

– Que la liberté religieuse des enfants et des fonctionnaires soit respectée ;

– Que les “camps de rééducation” soient fermés ;

– Que les mesures visant à contrôler les familles ouïghoures par le biais de projets d’assimilation familiaux divers et leur obligation de tout partager soient annulées;

– Que le système de code barre et de reconnaissance facial appliqué aux ouïghours prenne fin ;

– Que la démographie du Xinjiang ne soit pas modifiée par des déplacements forcés de population ;

– Que les profits générés par les ressources naturelles de cette province soient utilisés au profit de la population locale.

Nous demandons aux pays de l’Union Européenne, à la Turquie et à la Russie d’intercéder auprès du gouvernement chinois pour garantir le respect des droits humains fondamentaux envers les ouïghours. Nous attendons des instances internationales, en premier lieu desquels l’ONU, qu’elles appliquent les sanctions nécessaires afin d’infléchir les politiques oppressives mises en place par la Chine.

Il est hors de question de passer sous silence cette oppression sous prétexte que la Chine soit l’une des plus grosses économies au monde. Il incombe en cela une grande responsabilité aux médias.

Nous vous remercions au nom de la Fédération Islamique de Belgique d’avoir participé à ce rassemblement. C’est par l’union que nous serons plus forts et plus visibles et que nos voix seront mieux entendues. Même si nous ne possédons pas la force nécessaire pour mettre fin à cette oppression, nous avons tenu à faire savoir notre soutien à nos frères et soeurs ouïghours. Quelle que soit la force de l’oppresseur, nous ne dévierons pas de cette voie droite, à l’image de la fourmi portant de l’eau pour éteindre les flammes du brasier dans lequel avait été jeté le prophète Abraham.

Je vous remercie pour votre attention.

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