Saint-Josse, Emir Kir et Kircaali (Bulgarie), Hasan Azis : accords de coopération dans le cadre de la Convention de Vienne

« J’ai eu l’occasion l’année passée de me rendre en Bulgarie et de rendre visite notamment la ville de Kircaali et aussi la ville connexe de Razgrad, non loin de la ville très touristique de Varna.

C’est vrai que le maire de Kircaali m’a beaucoup marqué par son envie d’innover et surtout de travailler avec une commune de la capitale de l’Europe. Et, on a senti directement qu’il y avait une convergence énorme de points de vue et aussi une même envie d’ouverture, de tolérance et de respect mutuel. On s’était donc donné rendez-vous après les élections communales et il y a un moins de cela, Dorah Ilunga, notre échevine de la coopération des relations internationales à emmener une délégation sur place. Ils ont préparé le terrain et aujourd’hui, je suis très heureux de pouvoir signer un accord de coopération avec la ville de Kircaali. Le maire Hasan Azis, accompagné de sa délégation, partage aussi le même sentiment. Cet accord va nous permettre de travailler dans bien des domaines comme la Culture, la gouvernance publique, le domaine de l’environnement, etc.

Mais à l’heure actuelle, nous avons déjà identifié deux points majeurs des travaux à venir dans le cadre de cet accord de coopération :

  • L’échange de documents officiels émanant l’Etat Civil : acte de naissance, acte de décès, acte de mariage qui sont délivrés à Kircaali pourraient être délivrés ici à Saint-Josse. A contrario, les demandes de documents dans le sens inverse pourraient aussi être initiées depuis Saint-Josse. Ce qui éviterait aux belgo-bulgares de Kircaali de devoir se déplacer. Il s’agit ici clairement d’un bon début par ces actes de l’Etat civil. Nous sommes clairement dans la nouvelle ère de l’administration « online » et tout converge vers ce monde digital.
  • La ville de Kircaali est aussi un modèle de cohésion sociale et de Vivre-ensemble comme Saint-Josse. Ils sont très certainement quelque chose en plus. Le maire travaille avec le culte avec une manière très marquée. Il est toujours accompagné par son pope et son mufti. Quand j’avais visité cette ville, nous avions pris un café avec le maire Hasan Azis en plein centre ville et les deux religieux qui sont en fait une représentation directe du peuple. Il s’agit d’une habitude chez eux : s’afficher avec les représentants du culte chez eux n’est qu’une formalité et même très appréciée par la population.
  • Parler avec les gens du culte est une chose très positive. C’est la raison pour laquelle, j’ai moi-même organisé une grande rencontre interreligieuse à Saint-Josse avec notre échevine du culte Lydia Desloover parce que je pense aussi que parler avec les gens du culte est une chose indispensable. » termine l’interview exclusif accordé à La Manchette.

Le Commissaire européen Alde Group et coordinateur du Comité de Contrôle budgétaire bulgare à l’Europe: Nedzhmi Ali

« Cette rencontre de jumelage entre Saint-Josse et Kircaali est évidemment de bon augure. J’ai d’ailleurs été une pièce maîtresse de cet accord de coopération. Il y a une convergence sur une multitude de domaines entre les deux communes. En effet, Kircaali est la ville qui intègre une majorité de turcs musulmans en Bulgarie. En Bulgarie, il y a 7 millions de personnes dont plus d’un million de turcs. La population musulmane de Bulgarie dépasse 1.3 million. Cette mixité religieuse à Kircaali lui vaut évidemment le sobriquet de la capitale du Bien-Etre. D’ailleurs, la présence du pope et du mufti est une preuve incontestable de cette cohésion sociale. Emir Kir est une personne dont le dynamisme n’est plus à décrire. Nous apprécions cette omniprésence dans beaucoup de domaines.

Par ailleurs, la Convention de Vienne de 1967 procure un nombre très sérieux de facilités dans ce genre d’accord de coopération. Beaucoup de villes européennes désireuses ne prennent pas le défi de tirer profit de cette Convention. C’est la raison pour laquelle, nous allons, avec Emir Kir, d’ores et déjà mettre à profit et tirer intérêt de ce cadre législatif international afin de faire profiter nos compatriotes bulgares de quelques modalités administratives. » clarifie sa position par rapport à cet accord entre les deux pays européens.

Hasan Azis :

Depuis notre rencontre avec Emir Kir en Bulgarie, il est un fait certain que nous accordons nos violons sur beaucoup de points de communs. Nous nous sommes très vite compris. Cet accord de coopération a été mis sur rail avec une facilité déconcertante. Evidemment, une entente pareille n’aurait pu qu’apporter ce genre de coopération. Nous sommes peut-être éloignés par la distance mais très proches par la mentalité. En tant que bourgmestre d’une grosse ville bulgare, il y a deux points très importants :

  • Créer un modèle de travail similaire à soumettre à la population (pouvoir obtenir les 3 actes administratifs sans se déplacer)
  • Le dialogue interreligieux est un sujet qui nous porte aussi très à cœur
  • Promouvoir des projets sur un socle culturel et sportif

Sur la question de savoir pourquoi le bourgmestre de Kircaali était toujours flanqué de ces deux hommes religieux, la réponse est très claire et légitime.

« Je suis le maire de toute une ville. Après les élections et avoir été élu par le peuple, je me sens dès lors à équidistance avec le mutfi et le pope. Pour moi, il n’y a aucune différence entre les deux personnes de deux religions différentes. En tant que maire musulman, je ne peux évidemment pas m’afficher uniquement avec le mufti. Donc, ces deux religieux me suivent partout car je veux que quand ma population a un grief quelconque à me rapporter, elle se sente peut-être plus à l’aise en le rapportant aux représentants religieux. Je suis un élu du peuple, peu importe sa religion. » termine Hasan Azis sur cette image et appel à la bonne entente.

Dorah Ilunga, l’échevine en charge de la relation internationale à Saint-Josse :

Erkan Ozdemir / La Manchette

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