Grèce: Un ministre reconnait la soumission de la minorité musulmane à des “pressions inadmissibles”

 Le ministre grec de l’Education de la Recherche et des Affaires religieuses, Kostas Gavroglou, appelle à permettre aux turcs musulmans à la Thrace occidentale de choisir leurs Muftis

Grèce: Un ministre reconnait la soumission de la minorité musulmane à des "pressions inadmissibles"

AA/Mehmet Hatipoğlu

Le ministre grec de l’Education, de la Recherche et des Affaires religieuses, Kostas Gavroglou, a déclaré, samedi, que la minorité truque musulmane dans son pays avait été soumise à des “politiques irréfléchies et à des pressions et des lois inadmissibles”.

C’est ce que Gavroglou a indiqué dans une déclaration faite à la chaîne officielle du Parlement grec, dans laquelle il a évoqué la question de la désignation des Muftis musulmans à la Thrace occidentale et les amendements législatifs effectués par son gouvernement au sujet de l’héritage des personnes appartenant à la minorité musulmane.

Le ministre grec a souligné, dans ce contexte, que les nouveaux amendements tiendront compte des règles de l’Islam et de la législation civile grecque, assurant que son pays voudrait mener une politique respectable envers la minorité turque musulmane à la Thrace occidentale (nord-est).

Il a également mis l’accent sur l’importance du choix de cette minorité de leur Mufti, dans le cadre de la politique gouvernementale qui implique les amendements législatifs permettant d’élire le Mufti.

« Le gouvernement a pris des mesures audacieuses dans ce sens. Cependant, il faudrait respecter les traditions de la minorité dans les décisions à prendre », a poursuivi Gavroglou.

Il a, d’autre part, reconnu « la soumission de la minorité à des politiques irréfléchies et à des pressions et lois inadmissibles », ajoutant que c’est pour cette raison que cette minorité n’a pas confiance en l’Etat.

Dans le même ordre d’idées, le ministre grec a relevé que le Patriarche du patriarcat d’Istanbul, en Turquie, est désigné par le Conseil de Saint-Synode, tandis qu’en Grèce, on applique une méthode différente dans la désignation des Muftis.

Le Premier ministre grec, Aléxis Tsipras, a déclaré, vendredi, que les Muftis désignés par son gouvernement ne sont pas reconnus par la plupart des musulmans à la Thrace occidentale et qu’il faudrait résoudre ce problème.

Tsipras a ajouté, dans une déclaration faite à la presse, à l’issue du sommet des dirigeants de l’Union européenne à Bruxelles, que « nous devrions résoudre ce problème car cela ne convient pas à la Grèce et n’aide pas la minorité musulmane à se sentir rassurée », ajoutant que la question des Muftis devrait être discutée avec les musulmans de la Grèce spécialement.

Et la même source de poursuivre qu’il «faut résoudre cette question le plus tôt possible, afin de pouvoir effectuer un amendement législatif permanent ».

La déclaration de Tsipras est intervenue une semaine après celle du président turc Recep Tayyip Erdogan appelant à permettre aux musulmans grecs de choisir eux-mêmes leur Mufti et à ne pas le désigner par le gouvernement.

Lors de sa rencontre avec son homologue grec, Prokópis Pavlópoulos, le 7 décembre courant à Athènes, Erdogan avait appelé à réviser le Traité de Lausanne, regrettant le fait que les turcs musulmans de la Thrace occidentale en Grèce ne puissent pas choisir leurs Muftis et imams.

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