Schaerbeek : le comité des marchands lance la campagne “Touche pas A mon Marché” du Vendredi

La tension est palpable mais aucune invective n’est proférée. L’enjeu est capital. Les marchands du célèbre marché du Vendredi veulent marquer le coup. Et, pour cela, ils ont décidé d’introduire une interpellation citoyenne au dernier Conseil Communal de Schaerbeek du 18 décembre.

Ils veulent légitiment des réponses à leur multiple questions dont la principal est : « Est-ce que le marché du Vendredi va continuer de vivre ? »

Pour l’occasion, ils ont apporté un sapin de Noël afin d’illuminer le porche d’entrée de l’administration communale et des boissons sont offertes à l’entrée.

L’échevine de Commerces, Lorraine De Fierlant décide de sortir de la maison communale afin de prendre le pouls.

Elle s’introduit donc parmi le comité du Marché Lehon d’un pas décidé mais tout aussi inquiet.

Première question d’un marchand : « Indépendamment de notre interpellation, y aura-t-il en plus une augmentation du prix de location du mètre ? »

L’échevine : « Oui, il y aura une indexation par le service taxe de la commune qui devra s’aligner à la moyenne régionale.

Moyenne régionale ok mais alors d’aussi prendre en considération la commune voisine de Saint-Josse dont le mètre linéaire est loué à 1 € dans le cadre de ses marchés. » répond le marchand serein.

Autant dire que le sujet émeut fort et à juste titre vu les différentes pertes accusées par le comité des marchands.

Pendant le Conseil Communal, l’ambiance est plus crispée. Les membres du Comité Lehon dans le public écoute l’intervention de leur président Didier Sauvenière : « Je suis marchand depuis 30 ans sur le marché Lehon. Début octobre, nous avons reçu un préavis au sujet de la suppression définitive du Vendredi matin à la Rue Royale-Sainte-Marie. Nous venons donc contester cette décision communale. Notre interpellation citoyenne a donc pour ambition de faire changer les lignes et de désengager cette décision. Notre demande est simple : nous sommes d’accord pour une suspension temporaire du marché pendant la période des gros travaux de Beliris, Vivaqua et Métro Nord (2 ans de travaux sur l’axe Royale-St-Marie) et aussi un déplacement mitoyen du marché pour garder l’esprit de ce marché. Et aussi et plus important, nous exigeons un retour initial, à la fin des travaux, du monde marchand.

Depuis le début du 20ème siècle, cette rue a toujours été l’endroit de prédilection des chalands de l’époque qui se réunissaient afin de vendre leur denrée. Au-delà du patrimoine historique du marché du Vendredi, cet axe a tout une histoire de chalandage ! » introduit l’interview Sauvenière.

« Nous espérons juste que le Collège n’est pas dans l’esprit de supprimer définitivement ce marché et d’être le protagoniste d’une mise à mort de l’emploi. Je ne le pense pas. Ils sont surtout dans l’inconnu et qu’ils sont face aux directives données par Beliris et que fatalement ils ont des difficultés de gestion de toutes ces données dans le même temps. Malheureusement, aujourd’hui, nous n’avons aucune indication d’un emplacement secondaire capable d’accueillir nos 93 abonnés sur une chaussée de 900 mètres de long. Cela étant, nous sommes pas contre une chaussée mitoyenne même de 600 à 700 mètres qui fera très bien l’affaire », continue l’interview Didier Sauvenière.

A la question de quantifier l’impact financier de la suppression pure et dure de ce marché, il répond : « il s’agira d’un impact insurmontable pour nos chalands. Il n’y a aucun marché d’un dynamisme pareil dans Bruxelles. Au marché du Vendredi, la densité de la clientèle donne évidemment un sursaut économique intéressant pour nos chalands. Sur les 59 marchés de Bruxelles, le marché du Vendredi est de loin le plus intéressant ! » termine l’interview Didier Sauvenière.

Il est aussi à noter qu’un grand nombre de membres de l’opposition était présent afin de recueillir quelques témoignages de marchands.

En effet, Hasan Koyuncu, Done Sonmez, Abobakre Bouhjar, Naima Belkhatir, Matthieu Degrez, Taoufik Ben Haddi et Ibrahim Donmez (PS) Youssef Hammouti, Axel Bernard, Claire Geraets (PTB) et Emel Kose (CdH) ont participé à l’action proposée par le Comité Lehon “Touche Pas à Mon Marché”.

Erkan Ozdemir / La Manchette

 

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