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Les CPAS belges tirent la sonnette d’alarme : « Nos services risquent d’être saturés »

Les trois fédérations de CPAS du pays lancent un appel urgent au gouvernement fédéral. Face à une pression grandissante sur les services sociaux, elles réclament des mesures immédiates afin de permettre aux CPAS de continuer à assurer leurs missions essentielles auprès de la population.

Selon les fédérations, l’augmentation constante du nombre de dossiers liés au revenu d’intégration sociale, combinée à de nouvelles règles administratives et à un manque de simplification des procédures, place les travailleurs sociaux dans une situation de surcharge critique.

Dans une communication adressée à la ministre fédérale de l’Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt, les représentants des CPAS demandent un soutien temporaire et des mesures de respiration administrative pour éviter une paralysie progressive des services dans les prochains mois.

Une forte hausse des demandes d’aide sociale

Les fédérations pointent notamment les conséquences de la limitation dans le temps des allocations de chômage. Dans de nombreuses communes, cette réforme entraîne une augmentation importante du nombre de citoyens se tournant vers les CPAS pour obtenir une aide financière ou sociale.

Parallèlement à cette hausse des demandes, les CPAS doivent également intégrer de nouvelles obligations administratives et assumer des missions supplémentaires, ce qui accentue encore davantage la pression sur les équipes de terrain.

Les travailleurs sociaux alertent sur le risque d’un engorgement des services et craignent de ne plus pouvoir assurer un accompagnement de qualité pour les personnes les plus fragiles.

Des demandes concrètes adressées au fédéral

Pour faire face à cette situation, les trois fédérations réclament plusieurs mesures d’urgence.

Parmi celles-ci figure notamment une suspension temporaire de nouvelles réformes impactant les CPAS pendant une période minimale de six mois. L’objectif serait de permettre aux institutions de stabiliser leur fonctionnement et d’absorber la charge de travail actuelle.

Les fédérations demandent également la mise en place d’une solution de crise afin d’éviter l’ouverture massive de nouveaux dossiers d’avances sociales, estimant que d’autres acteurs institutionnels devraient prendre en charge une partie de ces situations.

Autre revendication importante : laisser davantage de liberté aux CPAS dans l’organisation des enquêtes sociales, notamment concernant les visites à domicile, afin d’alléger le travail administratif des équipes de première ligne.

Un rôle de « filet de sécurité » sous pression

Les CPAS rappellent qu’ils constituent le dernier filet de sécurité sociale pour des milliers de personnes en Belgique. Dans un contexte marqué par l’augmentation du coût de la vie, des difficultés d’accès au logement et la précarisation d’une partie de la population, les institutions sociales craignent de ne plus disposer des moyens humains et financiers suffisants pour remplir efficacement leurs missions.

Les prochains échanges entre les fédérations de CPAS et le gouvernement fédéral seront donc particulièrement suivis par le secteur social, mais également par les communes, déjà confrontées à des budgets de plus en plus tendus.

EO / La Manchette