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Le Sénateur Hasan Koyuncu dépose une résolution visant l’instauration d’un étiquetage “Créée par IA”

Le sénateur Hasan Koyuncu a déposé une proposition de résolution visant à instaurer un étiquetage obligatoire « Créée par IA » pour toutes les images générées artificiellement.

Son objectif : garantir la transparence, protéger le public contre la désinformation et préserver la crédibilité de l’image dans l’espace numérique.

Un enjeu éthique et démocratique

Les images produites par intelligence artificielle atteignent aujourd’hui un niveau de réalisme tel qu’il devient souvent impossible de les distinguer d’une photographie.

« Sans identification claire, le citoyen peut être trompé : dans la publicité, la politique, les médias ou les réseaux sociaux », alerte Hasan Koyuncu.

La prolifération d’images manipulées – deepfakes, faux profils ou créations trompeuses – accentue les risques de désinformation, de fraude et d’atteinte à la réputation.

Le sénateur souligne que « la vérité visuelle doit rester lisible dans une société numérique ».

Un impact économique et social

La proposition aborde aussi les conséquences sur les métiers créatifs : photographes, mannequins, stylistes ou graphistes voient leur travail concurrencé par des images de synthèse à faible coût.

L’essor de mannequins virtuels, utilisés par de grandes marques, pose des questions de diversité, de valeurs esthétiques et d’emploi humain.

Sur le plan environnemental, Hasan Koyuncu rappelle que la production d’images IA nécessite une consommation énergétique et hydrique importante, liée aux serveurs des grandes plateformes technologiques.

Encadrer l’innovation, pas la freiner

Inspirée par le futur Règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act), la résolution belge vise à aller plus loin en imposant un étiquetage visible et compréhensible par le grand public, pas uniquement lisible par machine.

Le texte demande au gouvernement de :

  • définir des normes d’étiquetage communes,
  • encadrer les usages malveillants tels que les deepfakes,
  • obliger les plateformes en ligne à signaler les contenus IA,
  • et former les jeunes générations à un usage éthique et critique de ces outils.

« La vérité doit rester visible »

« Il ne s’agit pas de rejeter l’innovation, mais de l’encadrer avec responsabilité. L’IA est un formidable levier de création, à condition qu’elle ne brouille pas notre rapport au réel », conclut Hasan Koyuncu.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de protection de la démocratie et de la confiance numérique, au moment où l’intelligence artificielle redéfinit notre rapport à l’image, à la vérité et à l’information.

EO / La Manchette